De Constantine à Paris
Myriam Sultan est originaire de Constantine. Dès son plus jeune âge, les maitresses d’école remarquent sa belle voix et l’encouragent à chanter lors des fêtes de fin d’année. Elle jouait déjà à l’oreille sur un petit clavier que son grand frère lui avait offert.
Brillante à l’école, elle s’est aussi inscrite au Conservatoire de Constantine pour apprendre le piano et les bases du solfège. Étudiante, elle donne plusieurs spectacles, notamment pour célébrer la journée de la femme au théâtre de Constantine. Au sein de sa famille, sa passion pour la musique n’est alors connue que de sa maman... Influencée par les musiques de son enfance, elle excelle dans l’interprétation des différentes couleurs de la musique orientale et maghrébine (Malouf et le Chaâbi) et joue de plusieurs instruments (piano et percussions).
En plus de ses dons artistiques, Myriam est aussi docteur vétérinaire. L’obtention de son diplôme lui a permis d’aller se spécialiser en France, où elle a pu donner libre cours à sa vocation artistique. Résident à Marseille pendant plusieurs années, Myriam devient animatrice d’une émission sur la musique Malouf à Radio Gazelle, et se fait une place dans le milieu artistique de la ville phocéenne. Elle donne plusieurs spectacles en France et à l’étranger. Puis ce sera Paris, où elle vit désormais.
Une voix exceptionnelle
En plus d’avoir une voix exceptionnelle et d’être une vraie artiste de scène, elle est aussi auteur et compositeur de la plupart des chansons qu’elle interprète. Elle possède cette grâce rare et cette tessiture particulière aux grandes voix de la chanson arabe telles que Oum Kaltoum, Ismahane, Fayrouz, Warda ; mais aussi de la chanson algérienne avec Fadila Dziriya dans le Hawzi ; et Simone Tamar dans le Malouf. Myriam Sultan propose une interprétation dynamique et originale. Elle chante le Malouf comme elle aurait aimé l’entendre : plus rythmé, plus joyeux et festif. De la nouba classique, elle met en évidence les passages les plus dansants avec des compositions et des arrangements modernes. Elle mêle aujourd’hui avec justesse et intelligence la musique Malouf traditionnelle et des sonorités contemporaines.
À son actif plusieurs CDs, dont « L’âme et la corde » en 1997, où elle a repris des grands classiques de la musique orientale, Oum Kaltoum en tête. En 1998, elle a participé au CD de Juan Carmona « Antes ». En 2000, sortie de son album « Waâlache », dont elle signe la plupart des titres. Dans cet album Myriam propose une reprise Malouf « Bil hawa » et une composition world music « Waâlache ». Ce morceau, qui est aussi le titre de l'album, a obtenu le premier prix Musique du Monde de l’Adami, FCM, France MP3. Des titres de ses albums ont fait partie de plusieurs compilations dont « Les Cosmophonies du Maghreb » de l’espace julien à Marseille et la compilation « Prix musique en ligne » de l’Adami .
Un album pour célébrer ses racines
C’est sa rencontre avec l’un des maitres actuels de la musique Malouf de la nouvelle génération constantinoise Abdel Hakim Bouaziz qui, touché par sa voix, l’a encouragée à réaliser cet album "Malouf" à Constantine. Dans cet album, c’est vers ses racines qu’elle revient pour célébrer le Malouf. Elle rend hommage à sa ville natale à travers le titre « Constantine » ; et à sa mère avec « Lahbiba » toujours sur des arrangements modernes afin que ce patrimoine puisse voyager à travers la méditerranée.
Myriam Sultan a introduit de nouveaux rythmes dans cet album, en ajoutant la boite à rythmes, le piano, le clavier et la basse à l’orchestre traditionnel composé de violon, nay, djawak, derbouka, tar et guitare flamenca. Elle a apporté un nouveau souffle au Malouf; de l’oxygène pour que cette musique continue à respirer, à vivre, à voyager à travers les temps et les lieux, à la rendre "plus accessible, plus ouverte, plus moderne, plus universelle".
Comme les ponts suspendus de Constantine, Myriam SULTAN a voulu à travers cet album créer un pont qui transporte les richesses musicales de sa ville natale pour les partager avec le monde entier.